Daniel Piazzolla
En spectacle le samedi 2 février à 20 h
Daniel Piazzolla naît sous une bonne étoile musicale à Buenos Aires au début des
années 1970. Petit-fils d’Astor, grand maître du tango, et fils de Daniel, pianiste
réputé, celui qu’on surnomme « Pipi » prend tout jeune l’habitude d’assister aux
concerts de ses illustres aînés. Élevé dans un environnement où la musique est aussi
importante que l’air qu’on respire, il adopte tout naturellement la vocation de
musicien - sans pression familiale, précisera-t-il. Cheminant à sa façon, mais avec
la curiosité et l’audace propres à sa noble lignée, il se tourne vers la batterie,
qu’il étudie plus formellement à partir de l’adolescence - ses premiers professeurs
ont pour nom Rolando « Oso » Picardi, Horacio Lopez, Fernando Martinez et Sebastián
Peyceré.
Parallèlement, Pipi se fait la main au sein de groupes comme Masa Trío, Sabrosas
Zariguellas et le Lito Vitale Quinteto. En 1999, il crée le sextuor de jazz Escalandrum
- contraction des mots escalandrún, une espèce de requin péchée par le clan Piazzolla,
et drum, instrument si cher au musicien -, qui fait paraître son 1er album, Bar
de los amigos, l’année suivante. S’il admet que le tango coule dans ses veines,
Piazzolla se montre très à l’aise avec la grammaire du jazz.
Sa formidable maîtrise de l’art des percussions en fait aussi un collaborateur extrêmement
recherché. En marge de ses activités au sein d’Escalandrum, Daniel Piazzolla se
produit avec des pointures telles que Gloria Estefan, Chick Corea, Danilo Perez
et Gary Burton, parmi tant d’autres, et offre d’occasionnelles classes de maître.
Assumant fièrement la coprésidence d’honneur du MEL 2013, il nous réserve un concert-hommage
à Astor Piazzolla qui a fait un tabac un peu partout dans le monde, notamment à
Buenos Aires et, récemment, au mythique Birdland, à New York.
Alain Lefèvre
En spectacle le samedi 23 février à 20 h
Alain Lefèvre a joué dans tous les hémisphères et dans la quasi-totalité des fuseaux
horaires de la planète, avec les plus grands orchestres, de Paris à Buenos Aires
en passant par Berlin, Londres, Montréal et Shanghaï. Il a reçu d’innombrables prix,
dont un Juno, un Opus et près d’une dizaine de Félix, en plus d’avoir été nommé
Officier de l’Ordre du Canada, Chevalier de l’Ordre national du Québec… Enfin, la
SPACQ lui a remis le Prix André Gagnon, saluant ainsi ses talents de compositeur.
Mais le continent où Alain Lefèvre aura passé le plus de temps est son piano à queue,
y suscitant du nouveau répertoire — Payette, Dompierre ou Boudreau —, rendant ses
lettres de noblesse à André Mathieu ou encore approfondissant toujours le grand
répertoire.
C’est à Alain Lefèvre, le compositeur, que le festival rend hommage. Non seulement
partenaire familier, son Yamaha est aussi son complice; mieux, son confident. C’est
à lui que l’artiste ouvre son cœur en laissant courir ses mains qui sculptent les
émotions en donnant forme aux douleurs indicibles, comme la mort des parents (Petite
mère, Un ange passe), en fixant des coins du monde qu’il affectionne (Songe
à Charlevoix, Ville-Émard la Belle, ou Le Panda magique),
en souvenir de la Chine ou Balalaîka. Chaque intime s’est vu dédier une
pièce. Le Mégaron d’Athènes ne s’est pas trompé en lui commandant Trois Préludes.
Ses musiques sont aussi le résultat de ses Fidèles Insomnies qui nous permettent
de visiter son Jardin d’Images où l’intimité du propos établit un lien
direct avec chacun de nous. C’est ainsi qu’Alain Lefèvre nous entraine avec lui
dans nos jardins secrets.